L’après bilan.

Nous sommes officiellement en période post bilan. L’année a repris son élan. Comme chaque année. Après un mois de janvier toujours difficile à porter. Un mois lourd. Statique. Exempt de cette belle dynamique. De ce petit quelque chose qui fait qu’on fait l’école à la maison.

L’expérience me permet de garder confiance. De ne pas perdre patience. De voir au-delà du sur place. De voir plus grand que les défis. De voir et de garder espoir. En la lumière qui reviendra. Au même moment que la nature s’éveillera. J’ai arrêter de me battre contre les cycles. J’ai élagué la panique. C’est un cheminement. Comme parent. Comme accompagnateur d’un enfant. D’un apprenant. Mais c’est possible. De devenir confiant. À force d’essais. D’erreurs. De larmes et de peurs. Qui finissent par mener ailleurs. Au bon moment. À ce moment où l’on rejette le moule. Pour s’approprier ce temps. Celui qui déboule. Mais qui, surtout, peut être nôtre. Et ça se passe à travers la définition de notre calendrier. Dans un premier temps.

Déjouer le temps.

Cette année m’a quand même secouée. J’ai vécu quelques tourments. Malgré que je sais. Malgré que je connais. Malgré que j’ai confiance en ce que je fais. Est-ce que c’est la vie qui nous étourdit? L’expérience lancée avec de nouveau enfants? Une dynamique professionnelle en mouvement? Probablement un peu de tout cela. Nonchalamment amalgamé. Dans un tout décousu. Et non assumé.

Mais j’ai choisi de défier le temps. De le laisser errer. Malgré les tourments. De laisser la tempête passer. Jusqu’à ce que je sente le soleil la repousser. Je n’ai pas eu envie de me battre. De me débattre. De combattre. J’ai choisi de dériver avec mes enfants. De nous laisser conduire par le vents. Par leur sentiments. Et, ce fût la meilleure décision!

Fixer l’horizon.

J’ai toujours planifié. Serré. Non pas avec rigidité mais avec le soucis de tout détailler. Pour moi avant tout. J’ai toujours planifié en fonction de la destination. Avec précision. En considérant l’itinéraire. Et là, il m’est venu une envie de changement.

Il m’est venu une envie de voir loin. Plus loin. De voir grand. De prioriser le présent. Comme étant le point culminant. D’établir l’horizon comme seule véritablement destination. De regarder loin. Et de laisser mes pas s’exprimer. À travers le petit monde que nous devons éduquer. J’ai décider que cette fois-ci, je les laisserais me guider.

Reculer.

J’ai donc reculé. Je me suis retirée. Un peu. Pour avoir une vue d’ensemble. Sur eux. Je me suis retirée pour esquisser ma place. Celle qui s’insère au travers. De ce qu’ils sont. D’où ils vont. Je me suis retirée parce que j’étais essoufflée. Et que sans ce recul. Je les aurais retardés. Parce que ça avance vite des enfants. Ça a l’instinct de marcher dans le sens du vent. De suivre le soleil. Et d’avoir confiance.

J’ai reculé pour me retrouver. Me ré-énergiser. Parce qu’au travers un projet de scolarisation à la maison, il y a aussi une maman. Qui doit y trouver son compte. Son dû. Qui doit sentir qu’elle a sa place. Et qui apprécie cette place. on le fait pour nos enfants. Mais il faut impérativement tenir compte de soi là-dedans. Je ne crois pas qu’un projet puisse briller sans un parent qui se sent inspiré. Et valorisé.

Établir les frontières.

J’ai commencé par observer. Mes enfants. Leurs élans. Leurs bons et moins bons moments. J’ai tenter de cerner. Leur rythme. Et d’établir une généralité. Rien ne sera parfait en tout temps. L’idée est d’établir une régularité. Qui sera par la suite facile à moduler.

Puis j’ai établi nos besoins. En tant que parents. En fonction de notre situation. Puis j’ai fait des additions. Des conjugaisons. J’ai essayé de trouver le juste milieu. Le point où on arriverait à être heureux. Bien sûr, il y aura des hauts et des bas. Mais je me répète. L’idée est d’établir une base solide et non rigide. Une assise confortable et soutenante sur laquelle on pourra construire. 

Éliminer.

J’ai éliminé ce qui venait nous déstabiliser. Les congés. Les longs congés. Mes enfants aiment la routine. Une régularité. Ils aiment avoir des repères. Et qu’on les y laisse naviguer.

J’ai donc gardé notre rythme de 3/1 du début du primaire. Ce sera donc 3 semaines d’école-maison pour une semaine de vacances. Tout au long de l’année. Assez pour décrocher. Pour avoir envie d’y retourner. Sans que la vie soit trop chamboulée. Assez pour me donner le temps de respirer. De m’ajuster. Parce que les ajustements font partie intégrante de l’éducation des enfants.

Conserver.

Puis j’ai conservé ce qui avait fonctionné. Mes enfants sont des enfants du matin. Ils y sont le plus concentrés. Le plus intéressés. Ce sera donc le moment idéal pour ce qui est plus structuré.

Français. Mathématiques. Anglais. Pas que ça. Mais surtout ça. Pour optimiser le temps. Et éviter les désenchantements. Les découragements. C’est un cadeau à se faire. D’apprendre à se connaître. Et à se respecter. Si jeunes. Dans nos particularités. 

Se réinventer.

Puis vient ce moment. Le moment où l’on a envie d’innover. D’optimiser ces petits moments qui pourraient devenir chaos facilement. Chez nous, c’est l’heure des repas. Qui s’étire. Et s’étire. Et s’étire si on n’occupe pas les enfants. Pourquoi ne pas prendre les devants?

Pour la prochaine année, il y aura 2 moments dédiés aux activités combinées. Le petit-déjeuner et l’heure du thé. Deux moments qui serviront de prétexte. À insérer tout ce qui peut facilement se partager. Littérature. Arts. Philosophie. Étude de la nature. Par exemple.

Deux petits moments pour mieux se connaître. Se soutenir. Se définir. En tant que famille. En tant que personne. En confrontation d’idées. Ou en collaboration spontanée. Deux petits moments pour prendre le temps. Éviter de s’essouffler. De se distancer.

Deux petits moments qui serviront de pont. Car ils seront présents toute l’année durant. Afin d’éviter de perdre le fil. Afin de maintenir notre air d’aller. Sans s’épuiser.

L’espace-temps.

Voici ce qui a précédé la création de mon calendrier. Voici ce qui m’a guidé pour la prochaine année. Voici ce que tous ces déplacements sur l’échiquier auront donné. Voici ce que nous allons tenter. Évidemment rien n’est gagné. Mais il faut oser!