mercredi, décembre 8, 2021
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Sur la route.

La peur.

Oser . Respirer. Foncer. J’ai peur de ne pas y arriver. Mais qu’avais-je en tête d’avoir osé penser à cette possibilité? Pourquoi cette route? Je ne serai pas à la hauteur… Qu’est-ce que je vais faire s’ils partent les 6 dans des directions opposées ?

Et la chicane? Seule à gérer tout. Monter la tente. Préparer les repas en nature avec des enfants aventureux. Et Gaïa, à peine 2 ans, qui est en pleine phase de « je me pousse partout et je trouve ça drôle de voir que les gens me cherchent et courent après moi ». Et s’il pleut tout le temps ?

Les doutes.

Et si les enfants s’ennuient trop de papa? Et si je croise un ours ? Et s’il m’arrive un pépin avec la voiture?

Je ne sais même pas comment changer un pneu de secours…

Je n’ai jamais été séparée aussi longtemps de mon amoureux…

Une femme seule en camping avec des enfants. C’est sécuritaire? Et si l’énergie de mes enfants m’envahie au point où je deviens trop impatiente? Ouf…

Comment vais-je tout rentrer dans la voiture?

Être à la hauteur.

J’ai un sens d’orientation pourri. C’est mon chum qui a le cerveau sur la route.

Et si…

Tellement de craintes dans ma tête se bousculent…

Avec mon chum, j’’ai moins peur. Je me sens en sécurité. Je sais qu’on peut se partager les tâches. Se relayer. Je sais que s’il y a quelque chose, il devient l’homme de la situation. Il gèrera. Je peux m’appuyer dessus quand je panique.

Pourquoi cette route?

On a l’habitude de voyager avec les enfants. J’ai de la famille loin. On fait de longues routes chaque année. C’est ok à ce niveau. Mais là…

Je serai seule avec mes enfants durant 2 semaines. Sans mon chum. Quelle idée folle !

Sérieux! J’aurais pas pu juste prévoir aller chez des amis ou de la famille plus proche. Pourquoi prévoir un trip fou de 2500 km?

La raison.

Je me rappelle pourquoi j’ai voulu partir: je gère très mal les rénovations. Et puis ça sera pas super viable comme ambiance. Oui! C’est mieux que les enfants soient ailleurs. Je rationalise. Je me dis que ça ira.

Ouf!

Ok Emma respire !

« On dit qu’avant d’entrer dans la mer, une rivière tremble de peur. Elle regarde en arrière le chemin qu’elle a parcouru, depuis les sommets, les montagnes, la longue route sinueuse qui traverse des forêts et des villages, et voit devant elle un océan si vaste qu’y pénétrer ne parait rien d’autre que devoir disparaître à jamais. Mais il n’y a pas d’autre moyen. La rivière ne peut pas revenir en arrière. Personne ne peut revenir en arrière. Revenir en arrière est impossible dans l’existence. La rivière a besoin de prendre le risque et d’entrer dans l’océan. Ce n’est qu’en entrant dans l’océan que la peur disparaîtra, parce que c’est alors seulement que la rivière saura qu’il ne s’agit pas de disparaître dans l’océan, mais de devenir océan. »

« La peur » Khalil Gibran

La vérité.

Ok. C’est vrai. Ça ira. Je me sens prête. En théorie…

J’ai passé des heures à planifier ce road trip. À définir la route. J’appellerai mon chum tous les soirs. Les enfants écriront des lettres.

« EVERYTHING’S GONNA BE ALRIGHT » « EVERYTHING’S GONNA BE OK »

On me dit que je suis folle. Ou courageuse. Moi je dis que je suis utopique, passionnée. Et un peu impulsive aussi. C’est vrai! Je suis bien bonne pour rêver. Planifier dans ma tête. Me dire que ça sera simple. Et puis je suis anxieuse aussi.

Et parfois, la peur me tétanise et je tombe en panique. Quand ça arrive, j’ai du mal à voir l’espoir et je me laisse submerger par tout. Ces dernières années, je me suis souvent sentie dépendante de mon chum à ce niveau. Comme si seule je n’y arriverais pas . Oui j’ai besoin qu’on soit deux, qu’on soit une équipe. Mais j’avais aussi peur de me retrouver seule. Quand ça arrivait et que je devais faire des sorties extérieures d’une journée entière, ça ne se passait pas toujours bien. Avec autant d’enfants rapprochés, c’est tellement pas facile comme mode de vie.

La vie que j’ai choisie.

Je parle de décider de ne pas envoyer des enfants à l’école.

D’avoir cette énergie brute d’enfance avec tout ce qui vient avec.

Mais, avec le temps, j’ai pris en confiance et en expérience. Je sens monter en moi de nouvelles capacités de gestion de chaos. Je sais souvent me parler à l’intérieur et parfois (pas toujours) je me sens plus apte à rationaliser et prendre du recul sur des situations. Je prends confiance en moi, ça m’apporte une liberté nouvelle.

Le fait de ne plus être enceinte et d’avoir retrouvé une certaine énergie font en sorte que je doute moins de moi et que je fonce la tête haute vers des projets. J’ai vécu des situations intenses. Il y en aura d’autres . Qu’est ce que j’ai à perdre de me lancer?

famille nombreuse, voyage

La vie qui me nourrit.

Je sens que ce voyage va me faire grandir comme personne. Je ressens le besoin de le faire. De vivre ça avec eux. D’expérimenter. De me prouver que, finalement, c’est possible de le faire.

Je sais qu’il y aura des crises. Qu’il y aura de la chicane. Des obstacles. Je sais qu’il y aura des moments de découragement. Qu’il y aura des imprévus tout au long de la route.

Je sais tout ça.

Mais guess what?

C’est MA route!

Oui! C’est ma vie. Celle que j’ai choisie. C’est MA route. Et mes enfants sont SUPER. Je les aime et ça ira. Oui! Ça ira. Parce que

« Ce n’est qu’en entrant dans l’océan que la peur disparaîtra, parce que c’est alors seulement que la rivière saura qu’il ne s’agit pas de disparaître dans l’océan, mais de devenir océan. »
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